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06 avril 2007

Giec: sombre avenir pour la planète

A LIRE : GIEC : SOMBRE AVENIR POUR LA PLANETE

Article de Marion Festraëts sur page http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=10535

Sous la pression des Etats-Unis et de la Chine, le rapport du Giec a été amputée de quelques données. Restent tout de même des prévisions alarmantes pour l'avenir de la Terre

La bataille aura été rude : le rapport du 2e groupe de travail des experts internationaux sur le climat (Giec), consacré aux conséquences, à l’adaptation et à la vulnérabilité au réchauffement climatique, aurait été édulcoré à la demande de certains états.

La Chine et les Etats-Unis contestent les chiffres
La Chine, notamment, conteste les bases scientifiques de ce rapport basé sur 29 000 données, pourtant irréfutées par la communauté mondiale des chercheurs. Elle s'est ainsi opposée en début de matinée à un passage soulignant  "le risque très élevé, basé sur de nombreuses observations et preuves dans tous les pays et la plupart des océans, que de nom-breux systèmes naturels soient affectés par les changements climatiques (...)".

Les Etats-Unis, de leur côté, ont obtenu la suppression de la quasi totalité des données chiffrées et d’un paragraphe indiquant que l'Amérique du Nord "devrait être localement confrontée à de graves dommages économiques et à des perturbations substantielles de son système socio-économique et culturel".

La Russie et l’Arabie Saoudite ont également pesé sur l’approbation ligne à ligne de ce document de 20 pages à l’usage des décideurs, substantifique moelle des 1400 pages du rapport complet, au point que la conférence de presse de présentation de ces travaux, prévue vendredi matin à 8h, a été dû être reportée d’une demie-heure pour accorder tous les violons sur une partition qui s’annonce dramatique. Déjà, l’ONU estime à 50 millions le nombre des réfugiés climatiques d’ici 2010…

Le pire à craindre
Les rapporteurs ont eu beau mettre de l’eau dans leur vin, la potion reste saumâtre. Comme on pouvait s’y attendre, les populations les plus pauvres du globe, aux capacités d’adaptation limitées par leurs moyens financiers, sont à la fois les plus exposées et les plus vulnérables au changement climatique.

Le volet I, sur les données scientifiques de ces changements, avait été publié le 2 février à Paris. Il estime entre 1,8 à 4°C l’augmentation de la température moyenne mondiale à l'horizon 2100 (par rapport à 1990), selon les différents scénarios de limitation des émissions de gaz à effet de serre (GES), tout en n’écartant pas l’hypothèse d’un emballement jusqu’à 6,4°C. Or, les experts du Groupe II sont formels : au-delà de 2 à 3°C d’augmentation - la première mouture du document, avant l’intervention musclée des Etats-Unis, mentionnait simplement 2°C… - le réchauffement n’aura que des impacts négatifs sur toutes les régions du globe.

D’ores et déjà, il faut s’attendre au pire, puisque une augmentation de 2°C constitue une hypothèse extrêmement optimiste, incluant une diminution drastique et immédiate des émissions de GES. On est très loin d’emprunter ce chemin.

L'afrique et l'asie premiers touchés
En Afrique, en Asie, à l’horizon 2080, la pénurie d’eau affectera plus de 3,2 milliards de personne, et 600 millions souffriront vraisemblablement de la faim. Sur les côtes et dans les grands deltas d’Afrique de l’Ouest et d’Asie, où la pression démographique ne cesse de croître, inondations et ouragans frapperont chaque année.

Dans certains pays d’Afrique, les récoltes pourraient diminuer de 50% d’ici à 2020, voire de 90% en 2100. Un tiers du Sahel risque de se désertifier à moyen terme, tandis que 15% des terres arables du delta du Nil seront englouties par la montée des eaux. Dans toute l’Afrique, la zone d’extension du paludisme exposera 80 millions de personnes supplémentaires à cette maladie dans 7 ou 8 décennies.

En Asie, la fonte inéluctable des glaciers himalayens viendra grossir fleuves et rivières, provoquant sur son passage des effondrements de terrains. Les mégas-deltas du Mékong, du Gange ou du Yangtsé, particulièrement bas mais très densément peuplés, seront très exposés : à certains endroits, une augmentation du niveau de la mer de 30 cm érodera le littoral jusqu’à 45 m à l’intérieur des terres. Choléra et diarrhées mortelles, liées à la dégradation de la qualité de l’eau, affecteront des populations de plus en plus nombreuses.

L'Europe et la Russie également affectées
Dans un premier temps, l’Europe sera inégalement affectée : relativement épargnée au nord, de plus en plus régulièrement inondé, elle souffrira de la chaleur et de la sécheresse sur son pourtour méditerranéen. Des canicules semblables à celle qui a tué 70 000 personnes en 2003 frapperont régulièrement la France, l’Espagne, l’Italie et la Grèce, tandis que les ressources en eau potable se tariront pour un tiers et que les incendies de forêt se multiplieront.

Oubliés, les oracles de Vladimir Poutine se félicitant de pouvoir bientôt faire pousser du blé jusqu’au cercle arctique: comme au Canada et en Alaska, la fonte de 20 à 35% du pergélisol d’ici à 2050 engendrera surtout l’effondrement de toutes les infrastructures - maisons, routes, industries, chemin de fer, pipe-lines,… - bâties sur ces terres jusqu’alors gelées en permanence. Les plaines orientales de Russie ont déjà gagné 3°C - contre 0,74°C en moyenne dans le monde. 15 à 25% du désert polaire arctique cèdera la place à la toundra. La taïga (forêt boréale) progressera sur 10% des territoires. En Arctique, où les températures augmentent deux fois plus vite que la moyenne, ours polaires, phoques et oiseaux ont du souci à se faire : la banquise et les glaciers seront en nette diminution, même si on ignore encore dans quelles proportions.

L'Amérique doit s'attendre au pire
N’en déplaise à Georges W. Bush, l’Amérique ne sera pas épargnée : l’estuaire du Mississipi devrait essuyer d’autres catastrophes du type Katrina, tandis que des vagues de chaleur éprouveront de plus en plus régulièrement les grandes villes. L’enneigement des massifs montagneux diminuera, entraînant une diminution du débit des cours d’eau. Lacs et fleuves baisseront, exacerbant une concurrence déjà intense entre usagers de l’eau - un citoyen nord-américain en consomme en moyenne 600 l par jour, contre 200 l à 400 l pour un européen et… 20 l pour un habitant d’un pays en voie de développement.

L’asthme suffoquera de plus en plus d’enfants exposés à la pollution à l’ozone engendrée par le réchauffement. Plus au sud, la savane gagnera sur la forêt tropicale. D’ici 2050, la moitié des terres agricoles pourraient disparaître, subissant de plein fouet salinisation et désertification, et laissant augurer de graves menaces sur l’approvisionnement alimentaire du continent. Comme ailleurs dans le monde, l’eau viendra à manquer : en 2080, la pénurie d’eau douce affectera en Amérique latine plus de 400 millions d’individus.

La biodiversité en danger
Partout, la hausse des températures, la sécheresse et la désertification entraîneront une diminution de 20 à 30% de la biodiversité. Adieu, tigres, pandas, ours polaires, tortues marines, grande barrière de corail, selva amazonienne : incapables de s’adapter ou de migrer, un tiers des espèces végétales et animales sont ainsi condamnées, alors que l’on ignore encore l’existence de millions d’entre elles, notamment dans les zones de forêt tropicale.

En Afrique australe, près de la moitié des plantes endémi-ques auront vraisemblablement disparu dans quelques décennies, comme les poissons des grands lacs - dans le Tanganyika, les stocks ont déjà fondu de 30% sous les effets conjugués du réchauffement et de la sur-pêche. Ailleurs, coraux, mangroves et forêts primaires sont ainsi particulièrement vulnérables à la hausse des températures et du niveau de la mer. Cette réduction annoncée de la biodiversité demeure l’une des grandes inconnues des scénarios élaborés par les scientifiques : jamais la Terre n’aura essuyé une hécatombe aussi importante et aussi rapide. Et l’on ignore tout des dérèglements qu’engendrera la disparition irréversible de certains maillons qui composent les écosystèmes.

"Inévitable"
"Le réchauffement est inévitable en raison des émissions passées, mais les efforts d'atténuation mettront des décennies avant d'agir", a prévenu Martin Parry, le coprésident du groupe de travail du GIEC. Reste à agir. Pour Stavros Dimas, le commissaire européen à l'Environnement, le rapport "expose très clairement les graves conséquences que le changement climatique aura sur nous tous", et "plaide en faveur de l'objectif fixé par l'UE" de limiter le réchauffement pla-nétaire à 2°C au-dessus de la température de l'ère préindustrielle. Il estime qu’il faut "intervenir rapidement si nous voulons réussir à enrayer le changement climatique et, partant, à prévenir ses effets les plus graves", et a annoncé, d’ici le mois de juillet, un "Livre vert sur l'adaptation au changement climatique afin de mettre en évidence les domaines nécessitant le plus d'attention".

Quant au président du GIEC, Rajendra Pachauri, il espère que ces données attireront "l'attention du monde entier". Les pinaillages des Etats-Unis et de la Chine augurent pourtant mal des négociations à venir lors du prochain G8, en partie consacré au climat, qui se tiendra en juin. A bon entendeur…

Note de moi : Je rajoute : SOMBRE AVENIR POUR NOS ENFANTS ..................................................

Posté par JOSELYNE à 18:49 - 8 SOS PLANETE TERRE SOS ! - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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